| Des secrets bien gardés |
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Vieillir en paix, un droit pour tous les aînés par Ginette Laurin La Voix de l'Est Le Plus – 20 novembre 2004 La pièce de théâtre Des secrets bien gardés en a fait réfléchir plus d'un, cette semaine. L'association québécoise de défense des droits des retraités et préretraites (AQDR), en collaboration avec l'Atelier Théâtre de Granby, a relancé de façon efficace la discussion sur la violence et les abus de toutes sortes dont sont victimes les personnes âgées en présentant mardi, au Palace, la bouleversante pièce de l'auteur Pauline Robert. C'est à la fois sans ménagement, mais, dans une certaine mesure, avec modération, qu'elle décrit certains sévices exercés par des parents ou des proches sur leurs «vieux». On apprend entre autres que des préposés bousculent et ridiculisent des bénéficiaires, que des enfants se pointent le bout du nez chez leur mère le jour du chèque pour réclamer 1eur part, que d'autres s'impatientent assez violemment devant la perte de mémoire de leur père ou encore devant ses dépenses qu'ils jugent exagérées parce qu'ils voient bien entendu fondre leur héritage. Témoin de toute cette méchanceté physique, mais surtout verbale, la salle, pleine à craquer à la représentation de 14 h ( il y en avait une autre à 20 h ), a répondu par des oh! et des ah! et a sursauté à plusieurs reprises, devant le désarroi des personnes agressées. |
Peur des représaillesJoués par des membres de l'Atelier Théâtre de Granby, qui pour la plupart sont eux-mêmes des aînés, les cinq personnages ainsi que leur situation respective nous sont apparus des plus crédibles, comme si justement on s'en prenait à eux pour vrai. . . Il y avait de quoi réfléchir! Par peur de représailles, les aînés de la résidence Bellehumeur se sont d'ailleurs montrés incapables de dénoncer les abus de pouvoir de leurs proches. Mme Roy (jouée par Fernande Dubé ) a même interdit à son petit-fils (Jean-Simon Coulombe Bilodeau) qui aurait pu l'aider, de parler à quiconque des manières brusques de la préposée. Il faut garder le secret ! La pièce a été mise en scène (par Gisèle S. Rodrigue) avec finesse et efficacité. Les personnages principaux demeurent toujours sur scène, chacun dans leur chambre, mais dos aux spectateurs. Ils se retrouvent sous les projecteurs à tour de rôle. Ingénieux ! |
Une discussionJuste avant l'entracte et à la fin de la pièce, les spectateurs ont été invités à prendre part à une discussion, en posant des questions à des invités spéciaux: notaire, travailleuse sociale, conseillère en finances personnelles et représentant de la Commission des droits de la personne, prêts à les éclairer sur divers sujets. Ensemble, ils ont cherché à comprendre les actes de maltraitance et trouver des moyens pour les enrayer. Puis, à sa manière, la comédienne France Arbour est entrée en scène. Interprétant avec brio une immigrante italienne venue s'installer au Québec il y a plusieurs années, elle a raconté une partie de sa vie, surtout les moments où elle s'est retrouvée dans une résidence pour personnes âgées. Ses enfants, à qui elle avait tout donné, l'ont abandonnée, à l'exception de son fils avocat, beaucoup plus intéressé, toutefois, par son petit pécule que par elle. . . Elle incarnait une autre victime silencieuse. Comme quoi la violence faite aux aînés n'a pas de frontière. |
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| La pièce Des Secrets bien gardés est disponible chez l'auteure: |
pauline.robert@citenet.net http://cf.geocities.com/paulinerobe |